Les trois leviers que les plateformes contrôlent
L'avis identifie trois mécanismes par lesquels les plateformes exercent leur pouvoir sur les créateurs : la visibilité (via les algorithmes de recommandation), la rémunération (via le partage des revenus publicitaires) et la modération (avec des sanctions pouvant aller jusqu'au bannissement). Trois leviers dont l'opacité est soulignée par l'Autorité, et qui réunissent selon elle les critères d'un marché propice aux abus de position dominante et de dépendance économique.
Pourquoi le droit de la concurrence s'applique
Premier point juridique tranché par l'avis : les créateurs de contenu entrent bien dans le champ du droit de la concurrence. Selon l'arrêt Höfner (CJCE, 1991, C-41/90), constitue une entreprise toute entité exerçant une activité économique, indépendamment de son statut juridique et de son mode de financement. Auto-entrepreneurs, sociétés ou salariés de MCN : dès lors qu'ils produisent des contenus monétisés, ils relèvent du droit européen (articles 101 et 102 TFUE) comme du droit français (articles L. 420-1 et L. 420-2 du Code de commerce).

